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Avez-vous besoin d’un pessaire ?

Le pessaire soulage beaucoup de femmes, mais il suscite aussi des doutes. Est-il réservé aux prolapsus avancés ? Est-ce que le périnée risque de « moins travailler » ou de « s’habituer » ? Quand faut-il opter pour la chirurgie ? Voici les réponses aux questions que mes patientes me posent le plus souvent.

Faut-il avoir un prolapsus avancé pour mettre un pessaire ?

Non. La Haute Autorité de santé recommande de proposer le pessaire en première intention à toutes les femmes qui ont un prolapsus avec des symptômes, quels que soient leur âge et le stade de la descente d’organes. Ce qui compte, c’est la gêne que vous ressentez : sensation de boule, de pesanteur, difficultés à l’effort. Un prolapsus sans symptôme n’a généralement pas besoin de traitement.

Le pessaire sert-il uniquement en cas de prolapsus ?

Non. Je le propose aussi pour limiter les fuites urinaires à l’effort (toux, activité physique), en particulier quand la rééducation abdomino-périnéale n’a pas suffit.

Peut-on faire remonter l’organe avec le pessaire ?

Tant que vous portez le pessaire, il maintient les organes en place : l’effet est immédiat, et c’est ce qui soulage vos symptômes (pesanteur, « boule » dans le vagin). La vraie question, c’est ce qui se passe quand vous le retirez.

Dans certaines études, les mesures du prolapsus s’améliorent après plusieurs semaines ou plusieurs mois de port. Mais ces études sont petites et les résultats restent à confirmer, il se peut même que cet effet soit passager. Dans une étude suivant des femmes qui portaient un anneau en continu pour un prolapsus avancé, le prolapsus avait disparu et n’était pas revenu après le retrait chez environ une femme sur six. Cela reste une observation, sans groupe comparatif, donc je ne peux pas vous promettre que le pessaire « répare » le prolapsus.

Le pessaire permet avant tout de soulager vos symptômes et de retarder/ éviter une chirurgie quand c’est possible.

Peut-on mettre un pessaire en préventif, par exemple pour le sport ?

Le pessaire soutient les organes, il ne prévient pas l’apparition d’un prolapsus. Il n’y a aucune donnée dans la littérature scientifique qui montre un effet préventif, donc je ne le propose pas dans ce but en général.

Néanmoins, certaines patientes se sentent rassurées en portant un pessaire dans leur activité physique. Dans ce cas, n’hésitez pas à prendre rendez-vous, et parlons-en en séance. Un bilan du périnée et quelques conseils vous rassurent souvent bien plus qu’un dispositif.

« Il faut éviter le pessaire : les muscles ne travaillent plus, comme avec une minerve »

Cette comparaison revient souvent, mais elle est fausse. Il soutient les organes, il ne remplace pas les muscles (le pessaire est placé au dessus du plan musculaire, il ne peut donc pas le remplacer mécaniquement). La HAS recommande d’ailleurs de combiner pessaire et rééducation selon les situations. Pendant que le pessaire soulage vos symptômes, la rééducation agit sur votre périnée, et vous apprenez à gérer vos efforts et votre transit.

Peut-on devenir dépendante du pessaire ?

Non, au sens où vous pouvez l’arrêter quand vous le souhaitez. Le pessaire fonctionne un peu comme des lunettes : tant que vous le portez, il corrige la gêne, et si vous l’enlevez et que le prolapsus est toujours là, les symptômes reviennent plus ou moins rapidement. Comme mentionné ci-dessus, vos muscles continuent de travailler normalement même en présence du pessaire.

Certaines femmes le portent quelques mois, le temps de la rééducation ou d’attendre une opération. D’autres le gardent des années parce qu’il leur convient.

Pessaire ou chirurgie : comment choisir ?

Le prolapsus évolue lentement, et l’opération est très rarement une urgence. Les recommandations proposent d’abord les traitements non chirurgicaux (pessaire, rééducation). Si ces traitements ne suffisent pas ou ne vous conviennent pas, on envisage la chirurgie, après discussion avec le chirurgien.

Le pessaire a un avantage : il est réversible. Vous pouvez l’essayer sans engagement, l’arrêter, ou le garder en attendant une opération. Le choix dépend de votre gêne, de votre âge, de votre vie sexuelle, de votre état de santé et de vos préférences. Vous en décidez avec l’équipe médicale, personne ne doit rien vous imposer.

Le pessaire est-il compatible avec une activité sexuelle ?

Oui, mais cela dépend du modèle. Certains pessaires peuvent rester en place pendant les rapports, d’autres doivent se retirer avant et se remettre ensuite. Il faut le préciser au professionnel de santé qui fait la séance d’essai pessaires, afin d’en tenir compte dans le choix du modèle.

Et si vous voulez essayer ?

Vous trouverez les réponses aux questions pratiques (taille, prescription, remboursement, vie intime) dans mon article : Pessaire : prescription, taille, remboursement. Pour savoir comment se passe la séance d’essai pessaire, lisez cet article.

Vous avez un prolapsus ou des fuites à l’effort et vous vous demandez si le pessaire vous convient ? Je vous reçois à Plaisance-du-Touch (proche Toulouse) pour une consultation d’essai.

Sources : HAS, « Prolapsus génital de la femme : prise en charge thérapeutique » (2021) et fiche patiente « Le pessaire gynécologique » (2022).

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