Endométriose : envisager les traitements naturels

L’endométriose est une maladie gynécologique complexe qui touche les femmes de la puberté à la ménopause. Actuellement, on estime que 1 femme sur 10 est concernée ! La plupart du temps, des solutions médicamenteuses sont envisagées, comme la prise de la pilule en continu ou le stérilet, et allant jusqu’à la chirurgie dans les cas les plus extrêmes.

Cet article s’adresse avant tout aux femmes qui souffrent de cette maladie, et à qui on ne propose que des solutions médicamenteuses et hormonales. Le but est avant tout informatif, j’y fais la synthèse de mes lectures d’articles, de livres, et de témoignages de patientes.

L’endométriose, c’est quoi ?

L’endomètre, le muscle qui tapisse l’utérus, s’épaissit lors du cycle (en vue d’accueillir le foetus) grâce aux oestrogènes. Si l’ovule n’est pas fécondé, les règles se déclenchent et l’endomètre se désagrège et saigne. Chez la femme atteinte d’endométriose, des cellules endométriales vont migrer et coloniser les tissus environnants, le plus souvent les organes génitaux et le tube digestif.

C’est souvent lors de difficultés à concevoir un enfant que l’endométriose est diagnostiquée.

Il y a pourtant d’autres signes, comme les règles douloureuses, les troubles digestifs ou les douleurs aux rapports (dyspareunies),  mais à force de dire aux femmes que « c’est normal », elles finissent par s’en laisser convaincre…

L’excès d’oestrogène en cause

Tous les traitements de l’endométriose sont d’accord sur ce point : il faut limiter l’apport en oestrogène car c’est lui qui nourrit les cellules de l’endomètre.

Le problème, c’est que nous baignons dans les oestrogènes toute la journée.

Comprendre d’où vient l’excès, c’est permettre de l’endiguer, et pourquoi pas, soulager ainsi vos symptômes et éviter un traitement médicamenteux (hormonal, qui plus est).

Les xenoestrogènes

Ce sont des oestrogènes qui proviennent de l’environnement. De plus en plus d’études montrent qu’ils sont impliqués dans l’apparition de cancer, de problèmes d’infertilité, de l’endométriose, de fausses couches et de kystes (ovariens ou au sein).

Ils sont présents dans la plupart des produits que nous utilisons au quotidien, et dans l’air que nous respirons : ce sont les dissolvants, les insecticides, les plastiques (phtalates), les agents de conservation (paraben) et les ignifugeants (PCB, PBDE)…Voici une liste de quelques produits qui en contiennent :

  • conservateurs alimentaires
  • lessives, produits détergents
  • parfum
  • préservatifs
  • quasiment tous les produits cosmétiques (savon, gel douche, déodorants, mousse à raser, crèmes…)

Ces xenoestrogènes posent un double problème : ils se fixent sur les mêmes récepteurs que les oestrogènes naturels, à leur détriment, perturbant l’équilibre hormonal ; et de plus cette surabondance d’oestrogènes va gêner le foie dans sa fonction d’élimination de celle-ci.

Les phytoestrogènes

Je n’en parlerai pas ici car leur impact est encore très controversé. Ils agissent aussi comme des « simili oestrogènes » , c’est-à-dire qu’ils se fixent aux mêmes récepteurs. Mais leur affinité avec ces récepteurs sont beaucoup moins élevées (1000 fois moins) que pour les oestrogènes humains ou les xenoestrogènes.

On peut donc penser que leur consommation, si elle reste modérée, n’a pas d’impact sur la dominance en oestrogène.

Rôle de l’aromatase

L’aromatase est une enzyme qui va transformer les androgènes (androsténédione et testostérone) en oestrogène. On la retrouve dans le foie, dans les tissus graisseux, mais aussi dans les tissus de l’endomètre (utérus et tissus atteints par l’endométriose). C’est pour cela que certains médicaments bloquent cette enzyme, notamment dans l’endométriose et le cancer du sein hormono-dépendant. Cependant, ces médicaments entrainent souvent des effets secondaires (liés à l’hypooestrogènie provoquée) : bouffées de chaleurs, sécheresses vaginales, douleurs articulaires, baisse de la libido et fatigue.

Perméabilité intestinale

Quand ils sont détruits, les oestrogènes sont excrétés en partie par la bile et se retrouvent dans le tube digestif, sous forme décomposée, où ils peuvent être réabsorbés en vue d’un recyclage.

Des études ont montrés que les xenoestrogènes affecte la perméabilité intestinale.

Et la pilule alors ?

La pilule contraceptive fait partie des traitements principaux de l’endométriose. En effet, quand elle est prise en continu, elle évite les saignements et donc les douleurs.

Lors du congrès national sur l’endométriose à Montpellier en 2011, le professeur Charles Chapron a présenté une étude réalisée sur plus de 1000 femmes pendant 5 ans. La conclusion est alarmante : la pilule est prescrite trop facilement aux jeunes filles souffrant de douleurs lors des règles. Lorsque ces femmes ont arrêté leur contraception pour avoir un enfant, on a retrouvé 4 fois plus d’endométriose sévère. En fait, la pilule a masqué la douleur, permettant ainsi aux cellules anormales d’envahir silencieusement les organes avoisinants.

De plus, on sait que la pilule contraceptive inhibe l’absorption du Zinc et du Magnésium, pourtant vitale pour une bonne santé hormonale.

Les alternatives naturelles

Maintenant que l’on sait d’où vient cet prédominance oestrogénique, nous allons reprendre la trame ci-dessus et voir, point par point, comment faire pour corriger cet excès.

Je ne donnerai volontairement aucun dosage de plante ou de complément alimentaire. Ceci est une piste de travail. Chaque personne est unique, et il n’y a rien de mieux qu’un thérapeute qualifié pour vous accompagner.

Réduire les sources de xénoestrogènes

  • consommer des aliments issus de l’agriculture biologique
  • essayer de remplacer vos produits nettoyants et détergeant pour la maison, par des produits naturels (savon noir, vinaigre…)
  • utilisez plutôt des cosmétiques bio, ou mieux : fabriquez-les. Les sites internet ne manquent pas aujourd’hui en matière de cosmétiques fait maison.
  • évitez le plus possible les contenants en plastique, préférez le verre.
  • mettez-vous au chou ! En effet la famille des crucifères est riche en Indole-3-carbinol (IC3) qui empêche l’oestrogène sain de se transformer en oestrogène cancérigène. De plus, l’élimination des surplus d’oestrogène en dehors de l’organisme se fait plus efficacement, il y a donc moins d’oestrogène disponible pour créer des lésions endométriales.

Prendre soin de son foie

Le foie a un rôle non négligeable dans le métabolisme et la destruction des oestrogènes. Il est important, avant tout autre chose, de faire une cure pour détoxifier son foie.

Les plantes les plus utiles dans ce cas sont : le pissenlit, le chardon marie, la bardane. On peut les consommer en tisanes ou en compléments alimentaires.detox-foie

Corriger sa flore intestinale

Par la prise de probiotiques. Attention, prenez des probiotiques en gélules (naturelles si possible), dosées minimum 10 milliards de ferments, et associées à des prébiotiques pour plus d’efficacité (on appelle ce complexe un symbiotique). Les souches à privilégier sont : Lactobacillus casei, rhamnosus, acidophilus, plantarum pour les lactobacilles, et Bifidobacterium longum, breve, bifidum pour les bifidobactéries. La durée de complémentation va de 1 à 3 mois selon les cas.

Limitez votre consommation en produits transformés, raffinés, et la consommation de sucre, qui agresse la paroi intestinale et favorise son hyperperméabilité.

Evitez la consommation de toxiques (café, alcool)

Réduire l’inflammation

L’endométriose provoque une inflammation des tissus. Consommer des omega 3 sera bénéfique non seulement sur cet état inflammatoire, mais aussi sur les troubles de l’humeur (irritabilité, dépression…)

On retrouve les omega 3 dans les petits poissons comme les maquereaux ou la sardine, mais aussi dans l’huile de lin. A noter que pour cette dernière, il faut la conserver au frigo et la consommer rapidement car elle peut devenir nocive en vieillissant.Supplémentation en Magnesium et Zinc

Uniquement si nécessaire. Mais comme l’excès d’oestrogène empêche son assimilation, il peut être judicieux de faire une cure.

Attention, le magnésium, pour être assimilé, doit être couplé à la vitamine B6 et à la torine (enzyme).

Le rééquilibrage hormonal par les plantes

Elles seront souvent consommées sous forme de teinture mère, plus efficace dans ce cas qu’en tisane.

  • le Gattilier : aide à maintenir l’équilibre entre oestrogène et progestérone. Il détend les muscles de l’utérus et réduit les crampes menstruelles. Cette plante agit au niveau de l’hypothalamus, en contribuant à l’élaboration de plus de progestérone et moins d’oestrogène. Ne pas en consommer si vous êtes enceinte ou que vous allaitez.
  • L’Achillée Millefeuille : elle contient des phytostérols qui semblent agir comme la progestérone. Elle stimule la fonction hépatique (et donc l’élimination de l’excès d’oestrogènes), et détend les muscles de l’intestin et de l’utérus. Ainsi, elle peut agir sur les troubles liés à l’endométriose : douleurs, constipation, nervosité, troubles digestifs…
  • Le Framboisier (feuilles) : rééquilibrant hormonal, de la puberté à la ménopause. On peut consommer cette plante durant toute sa vie ! Elle a des vertus antispasmodiques (soulage les douleurs des règles, les syndrome prémenstruel), mais aussi anti-inflammatoire, et tonifie le muscle utérin pendant la grossesse.

Vers une contraception naturelle…

Cette partie fera l’objet d’un prochain article, car il serait difficile de résumer ici un sujet aussi vaste.

Sachez juste qu’il existe d’autres contraceptions aussi efficaces que la pilule, sans les effets secondaires et risques pour la santé. La symptothermie en est une. Elle consiste, dans les grandes lignes, à savoir si nous sommes dans des jours « à risque » ou non, grâce à l’aspect de la glaire cervicale et la prise de température.

Des études scientifiques ont montré que son efficacité est similaire à la pilule (plus de 99%).

Je pense que la contraception naturelle nous permet de reprendre possession de notre corps. Au delà du fait de se défaire des hormones de synthèse, qui ne sont pas forcément en adéquation avec le rythme de nos vrais cycles (car peu de femmes ont des cycles de 28 jours, la plupart oscillent entre 26 et 35 jours, voire plus), elle nous pousse à mieux nous connaitre, et à mieux nous comprendre.

Cette méthode n’est bien-sûr pas à recommander à une jeune fille qui ne connait pas encore bien son corps, ou qui n’a pas un partenaire sérieux et régulier. Tout comme la pilule, je rappelle qu’elle ne protège pas contre les maladies sexuellement transmissible. 

J’espère que cet article vous aura permis d’entrevoir d’autres solutions, plus douces mais néanmoins efficaces, pour faire face à cette pathologie. Si vous avez des questions, ou si vous souhaitez tout simplement partager votre expérience, n’hésitez pas à commenter.

 

Sources principales :

Endofrance.org

L’endométriose, vaincre la douleur et l’infertilité, Gisèle Frenette

les principales substances reconnues xenoestrogènes

La Pilule un bienfait pour ma santé, ma fertilité? Nicolas Lambert

La barrière intestinale, une nouvelle cible des oestrogènes et des xénoestrogènes : le cas du Bisphénol A. Thèse de Viorica Braniste 2013 à l’université de Toulouse

Influence du microbiote intestinal sur le cancer du sein, Adelaïde Robert-Géraudel, Medscape

sympto.org (pour les études scientifiques sur la symtothermie)

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